FOB et CIF sont les deux règles Incoterms les plus courantes dans les contrats et les factures de fret maritime. Elles semblent opposées, mais elles ont un point commun que beaucoup d’acheteurs ignorent : avec les deux règles, le risque passe à l’acheteur au même moment, dès que les marchandises sont chargées à bord du navire au port d’embarquement. Ce qui change, c’est qui réserve et paie le fret maritime, et qui assure les marchandises.
FOB et CIF en un coup d’œil
FOBFree On Board, franco à bord · port d’embarquement convenu, par ex. FOB Sfax
- Le vendeur emballe les marchandises, les achemine au port, les dédouane à l’export et les charge à bord du navire choisi par l’acheteur.
- L’acheteur réserve et paie le fret maritime, assure les marchandises s’il le souhaite et paie le déchargement, le dédouanement à l’import et les droits.
- Le risque passe quand les marchandises sont à bord au port d’embarquement.
CIFCost, Insurance and Freight, coût, assurance et fret · port de destination convenu, par ex. CIF Marseille
- Le vendeur fait tout ce que prévoit FOB, et réserve et paie aussi le fret maritime et assure les marchandises jusqu’au port de destination.
- L’acheteur paie les frais à destination non compris dans le fret, le dédouanement à l’import, les droits et la livraison jusqu’à ses locaux.
- Le risque passe au même moment qu’avec FOB : quand les marchandises sont à bord au port d’embarquement.
Qui paie et qui porte le risque, étape par étape
Le schéma suit une expédition depuis l’entrepôt du vendeur jusqu’au port de destination. Les barres bleues montrent les étapes à la charge du vendeur, les barres foncées celles de l’acheteur.
- Entrepôt du vendeur
- Dédouanement export
- Chargement à bord
- Transport maritime
- Port de destination
FOB · qui paie
FOB · qui porte le risque
CIF · qui paie
CIF · qui porte le risque
La ligne pointillée marque le chargement à bord. À partir de là, l’acheteur porte le risque avec les deux règles.
Les deux barres du risque sont identiques. Avec CIF, le vendeur paie un voyage maritime pendant lequel les marchandises voyagent déjà aux risques de l’acheteur. Si la cargaison est endommagée en mer, l’acheteur se retourne vers l’assureur, au titre de la police souscrite par le vendeur, et non vers le vendeur.
L’assurance CIF n’est qu’un minimum
Les Incoterms 2020 n’obligent le vendeur qu’à souscrire la couverture minimale, les Institute Cargo Clauses (C), pour au moins 110 % du prix du contrat. La couverture (C) protège contre les événements majeurs comme l’incendie, le naufrage, l’échouement et l’avarie commune, mais pas contre le vol, la mauvaise manutention ou les dégâts des eaux. Si vos marchandises sont fragiles ou de valeur, prévoyez dans le contrat que le vendeur souscrive la couverture (A), ou complétez vous-même l’assurance. Avec FOB, le choix de la couverture vous appartient dès le départ.
Un exemple chiffré
Un exportateur de Sfax vend un conteneur de 20 pieds d’huile d’olive à un acheteur de Marseille. Voici comment un prix FOB devient un prix CIF.
| Marchandises, emballées pour l’export | 39 400 € |
| Transport jusqu’au port, dédouanement export, chargement | 600 € |
| Prix FOB Sfax | 40 000 € |
| Fret maritime Sfax – Marseille | 1 150 € |
| Assurance, couverture (C), 110 % du prix | 70 € |
| Prix CIF Marseille | 41 220 € |
Chiffres donnés à titre d’exemple. Le fret et l’assurance varient selon la saison, la route et la marchandise.
Un prix CIF n’est pas plus cher qu’un prix FOB : il contient les mêmes frais, payés par l’autre partie. Pour comparer des offres équitablement, demandez à un transitaire le fret et l’assurance pour l’offre FOB et ajoutez-les avant de la comparer à une offre CIF.
Quand choisir FOB, quand choisir CIF
- L’acheteur choisit FOB quand il a son propre transitaire ou ses propres tarifs de fret, et veut choisir la compagnie maritime, le délai de transit et l’assurance.
- L’acheteur choisit CIF pour des envois petits ou occasionnels, quand le vendeur obtient de meilleurs tarifs de fret que lui.
- Le vendeur choisit CIF pour proposer un prix complet jusqu’au port de l’acheteur, garder la main sur la réservation et expédier selon son propre calendrier.
- Le vendeur choisit FOB quand il ne veut gérer ni le fret, ni l’assurance, ni les réclamations une fois les marchandises chargées.
Trois erreurs à éviter
- Utiliser FOB ou CIF pour des conteneurs. Ces deux règles sont faites pour le transport maritime où les marchandises sont chargées directement à bord, comme le vrac. Un conteneur est remis au terminal plusieurs jours avant le chargement, et entre-temps le vendeur porte le risque sans contrôler les marchandises. Pour les conteneurs, la CCI recommande FCA (Free Carrier, franco transporteur) plutôt que FOB, et CIP (Carriage and Insurance Paid To, port payé assurance comprise) plutôt que CIF ; CIP impose aussi une assurance plus large, la couverture (A).
- Oublier le lieu et la version. Écrivez toujours la règle avec un port précis et l’édition, par exemple « FOB Sfax Incoterms® 2020 » ou « CIF Marseille Incoterms® 2020 ».
- Oublier les frais à destination. Avec CIF, la manutention au terminal et le déchargement au port de destination ne sont souvent pas compris dans le fret payé par le vendeur. L’acheteur les reçoit à l’arrivée avec les frais d’import : demandez ce qui est inclus avant de signer.
Comment Kyranis Logistics vous aide
Depuis la Tunisie, nous travaillons chaque jour des deux côtés des contrats FOB et CIF : nous réservons le fret et l’assurance pour les exportateurs qui vendent en CIF, et nous organisons l’enlèvement au port d’embarquement pour les importateurs qui achètent en FOB. Lisez notre guide des 11 règles Incoterms, ou demandez-nous quelle règle convient à votre prochain contrat avant de signer.
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